Traces portuaires

Des fragments d’entrepôts, de quais, de grues, d’ateliers, de navires, de chantiers, dévoilent un monde pictural, historique, fantastique, des gestes figés, de traces de corps…

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Des fragments d’entrepôts, de quais, de grues, d’ateliers, de navires, de chantiers, dévoilent un monde pictural, historique, fantastique, des gestes figés, de traces de corps… Les images de cet ensemble qui a fait l’objet de conférences à Nantes en octobre 1991 dans le cadre de l’exposition « Iles de Nantes », sont cadrées serrées afin d’ouvrir le regard sur l’imaginaire : « Les bacs du laboratoire livreront des surfaces grêlées, usées, abîmées, barbouillées. Le marin, de docker, le mareyeur qui tous les jours passent devant ne les ont sans doute pas vues comme ça. Coulures fossilisées, plein cadre. Métal mordu par le temps, griffures récentes, craquelure biaises ».

C’est ainsi que Nicolas de La Casinière, introduit la cinquantaine de photographies d’un « Guetteur mélancolique des traces portuaires » (Le Marin, 14 février 1992), avant de s’attarder sur certaines vues :
« Destination safari-images au bord de la Loire maritime » pour y capter « ce petit bonheur de lumière sur le pilier d’un entrepôt, cet instant fugitif ou le soleil rasant réveille le grain du bois, abrase la patine du métal ou vivifie l’usure de la pierre. Les striures l’emportent sur les couches de peintures, les crevasses du chêne soignent leurs cicatrices en plein vent. Sur cette tôle cabossée, une coulure bleu canard dispute la vedette à l’oxydation du métal : une femme indigo, mama ondulante, y esquisse une danse vaudou dans les bas-fonds de Belem, bouche ouverte, œil fixe.

(…) Sur cette autre paroi d’antirouille écaillée, un cadrage choisi a fait surgir une étrave à bulbe, blanc cru sur bordeaux sombre. Et cette mosaïque de couleurs sur les deux vantaux d’un portail métallique aurait pu être l’œuvre d’un peintre. C’est en effet à la main d’un peintre que l’on doit cette composition tonique, mais le peintre n’a jamais pensé à s’imaginer artiste : ouvrier anonyme d’un chantier à Penmarc’h, il a arrangé ces quelques mètres carrés sans y penser, en barbouillant pour essayer ses couleurs, en pestant un peu pour dégorger ses brosses entre deux couches. Clic clac. Xavier Noël est passé par là.

Des labours infimes ont ravivé le noir d’un pilier gainé de tôle rouille. Photo. Ici le bois s’est écartelé, la peinture a suivi, déformée, ouverte sur un tatouage triangulaire. Photo. Là, sur un rivet mangé par la ferraille, un choc de palette, un engin qui frôle ont laissé l’ombre d’un lutin dansant sur une épave. Photo. »

Traces portuaires

Galerie photographique

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