Les roses de Rezé

Les roses de Rezé est un livre d’artistes à tirage limité. Il est composé de 13 poèmes inédits d’Yvon Le Men, écrits dans l’appartement 603 de la Cité Radieuse Le Corbusier à l’invitation de la médiathèque de Rezé, durant la saison 2006-2007, et de 14 photographies de Xavier Noël. La conception et la fabrication du livre-objet sont de Jeanne Frère.

Extraits de la présentation du livre Les roses de Rezé, le 25 septembre 2007, à la Médiathèque Diderot à Rezé, sous la forme d’un journal de prises de vues

Lorsque Yvon Le Men vient en résidence à la Cité Radieuse, nous passons du temps à discuter de la façon dont nous imaginons le projet que nous allons mener ensemble ; il me fait lire certains de ses textes et je lui montre des images (d’abord des images existantes, puis les images au fur et à mesure de leur réalisation), et surtout nous déambulons ensemble dans la ville. Ce temps d’ouverture est important pour la maturation de notre travail.

Il m’apparaît évident que la forme courte des textes d’Yvon Le Men (la plus fréquente pour les textes qu’il écrit à l’occasion de cette résidence) correspond à ma démarche photographique habituelle : une approche par fragments, par le détail.

A propos de la photographie « La grue jaune » :

Yvon et moi avions initialement retenu un autre texte sur la célèbre grue de la construction navale nantaise :

Jaune
comme un dessin d’enfant
la grue de leurs parents

Je pensais à une photographie que j’avais faite d’un dessin de grue en bleu sur le mur d’une cabane du port à la ferraille, puis je suis allé photographier une flèche inscrite en jaune sur la rue qui fait face à cette grue « Titan » ; mais nous avons préféré un autre texte :

Même d’en bas
la grue
donne le vertige

Cette photographie est venue tardivement, vers la fin du projet, lorsque j’ai découvert cette partie quadrillée du sol, en bord de Loire, où de l’eau stagnait. La suite relève de ce qui fait l’ordinaire (mais aussi l’extraordinaire !) de l’activité photographique : la pluie la nuit, une lumière pure tôt le matin, et une image qui s’impose d’elle-même.

(…)

A propos de la photographie « Ratiatum » :

Certaines images ont été imaginées, visualisées en quelque sorte, dès la lecture du poème d’Yvon Le Men. C’est le cas pour le muret gallo-romain de Ratiatum ; j’avais une idée précise d’un lieu (le reste de mur courant dans le sol avec son point de fuite), dans le dessein d’une image à réaliser en fin d’été, et en soirée, afin d’accentuer les tons rouges. La prise de vue s’est faite rapidement, sans que je me pose davantage de question, agissant presque comme un automate.

A propos de la photographie « Le passage » :

Pour des textes plus longs, l’approche est différente, car il ne s’agit plus d’un simple « appel à image » par le texte. Ce qui est à rechercher est plutôt une ambiance, une évocation, un prolongement. C’est le cas pour le premier texte du livre, « Le Rêve des roses de Rezé », où ma photographie devait signifier le point de départ de l’ouvrage, l’épicentre de la Cité Radieuse, que l’on voit en flou à l’arrière-plan, mais évoquer aussi le passage, la vieillesse et la proximité du jardin abandonné. Non loin de ce passage à niveau il y a un jardin abandonné, avec une cabane de tôle rouillée où je suis allé à plusieurs reprises… Cette image du signal sonore du passage à niveau fait en outre écho à un autre texte, qui commence ainsi :

On entre
dans l’ascenseur
comme dans un wagon
dans sa verticale
comme dans l’horizontale du train.

A propos de la photographie « L’homme et la femme » :

Pour illustrer ce texte (le plus long du livre) qui évoque à son début l’ascenseur et le wagon, Yvon souhaitait un élément de la Cité Radieuse, dont il m’a montré plusieurs détails. Nous avons retenu ce point précis sur la face Est de l’immeuble, qui montre un couple dans un encadrement multiple de béton, lequel évoque aussi une cage d’ascenseur.

A propos de la photographie « Appartement 603 » :

La première fois que je suis allé voir Yvon dans l’appartement 603 de la Cité Radieuse, il m’a fait visiter l’endroit, et quand son téléphone a sonné, je suis allé sur le balcon où j’ai pris cette photo du filet dans le ciel… un ciel quadrillé. Cette image est venue illustrer le poème :

Hors sol
le bruit des voitures
la blancheur des tours
la flèche de l’église

C‘est une troisième modalité de prise de vue, consistant simplement à être disponible à ce qui survient.

Les roses de Rezé

Galerie photographique

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